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INTERVIEWS
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FANZINE/
LABEL UNDERGROUND

Crypt
of Dr Gore est un des fanzines/ petits labels underground français
les plus actifs ces dernières années. Comme il est
sympathique et qu’il entrepose des beaux articles au fond de sa
cave, je lui ai envoyé des questions pour en savoir plus
sur ses différentes activités. Plongeons la tête
la première dans le bazar underground!

1. Salut,
j’espère que tu vas bien… Tout va bien se passer… J’espère
que tu es détendu et prêt pour un petit voyage dans
le passé et le présent des grottes de l’underground
du Pas de calais.
T’es tendu
comme une crampe. Si je te dis qu’t’es tendu t’es tendu Natasha
c’est tout. Et tu me dis ‘’Oui Claudie je suis tendu, je n’suis
pas à mon aise.‘’Il faut que tu te laisses venir vers moi
et je viendrai t’chercher t'inquiète pas.
J’ai rarement
l’occasion de passer de l’autre côté du projecteur,
alors merci à toi de t’intéresser à la crypte.
2. Je
me souviens que tu as créé Crypt of Dr gore au début
des années 2000, vers 2003 ou 2004, en version webzine ou
tu soutenais des petits groupes de métal underground. Je
crois que les teintes du site web étaient dans les couleurs
rouge, avec pas mal de sang (Pour rester dans le gore)… C’était
un peu le même esprit qu’actuellement, ça va tu n’as
pas trop changé ahah. Tu peux nous en dire un peu plus sur
cette période ? Tu en gardes un bon souvenir ?
Pourquoi changer
? Franchement, je dirais plutôt que j’ai évolué,
comme tout le monde. Les voies du metal sont larges et semées
d’embûches… certaines sont plus faciles à aborder,
d’autres beaucoup plus ardues.
Je garde un excellent souvenir
de cette période, complètement différente de
ce qu’on connaît aujourd’hui. J’adorais flâner en ville
pour fouiller les bacs du Temple du Disque à Douai, puis
plus tard à Distorsions, où j’ai pu cramer pas mal
de billets et découvrir plein de pépites. On était
contents de se retrouver entre potes, de partager nos découvertes
et nos coups de cœur.
Pour revenir aux débuts, Crypt
Of Dr. Gore est né en 2002. Le webzine a traversé
plusieurs phases amateures, jusqu’à ce que Mickey (qui chantait
dans Recueil Morbide) me propose de réaliser un visuel plus
pro pour le zine. Ceux qui ont connu les premiers numéros
se rappellent sûrement du fameux couteau sanglant qui ornait
les différentes rubriques.
Quelques potes ont pu écrire
pour la Crypte à cette époque, comme Neireficul, Nifelheim,
ou encore Davidnonoise, en complément de Nonoise Nogood.
3. Pourquoi
avoir choisi le nom « Crypt of dr gore » ? Peut-être
que tu étais dans une phase goregrind ou brutaldeath gore
à l’époque ? Ou ça viendrait des films gore
qui giclent ?
Le nom est
venu naturellement. À l’époque, j’écrivais
des chroniques dans mon bureau, isolé au milieu de tous mes
CDs, à écouter et découvrir du gros son. J’adorais
— et j’adore toujours — Mortician : Dr. Gore est le titre d’un morceau
de leur album Domain Of Death.
À cette période,
j’étais très fermé sur le Brutal Death et le
Goregrind. Les groupes dans ces styles avaient beaucoup plus de
chances d’obtenir une chronique positive que, par exemple, les groupes
de black.
Côté films d’horreur, j’étais
(et je suis encore) fan des classiques qui giclent : Chucky, Freddy
Krueger (mon préféré), Vendredi 13, Halloween,
ou des films dans un registre plus décalé comme Bad
Taste ou Evil Dead. Mais ça, ça n’a pas influencé
le choix du nom du zine .
J’aime le côté cave
/ caveau pour donner une touche malsaine au nom du zine… D’où
Crypt Of Dr.Gore.
4. Depuis
plusieurs années tu as aussi crée un label, et tu
sors régulièrement des prods. Qu’est-ce qui t’a amené
à sortir tes propres prods après quand même
un certain temps d’activisme ? Dans les années 2000 c’était
peut-être l’argent qui bloquait ? Ou la motivation ?
Disons qu’à
l’époque, je faisais un peu de distro à petite échelle,
mais produire des disques ? Jamais ça ne m’avait traversé
l’esprit. J’ai mis le zine en pause en 2010, et c’est en 2018
que l’âme du Dr. Gore est ressortie. Tout d’abord grâce
aux réseaux sociaux, où j’ai retrouvé pas mal
de vieux contacts. Internet permet de communiquer vite avec des
groupes partout dans le monde. Au départ, je me contentais
d’acheter en gros à des groupes québécois pour
revendre ici, quasiment uniquement en achat groupé. C’est
en multipliant ces achats que la distro a vraiment repris.
La
partie production a démarré quand Brice du label Acid
Vicious m’a proposé de coproduire deux albums de Gergovia
jamais sortis physiquement. J’ai donné un coup de main comme
j’ai pu pour cette sortie.
Ensuite, j’ai voulu aider Cruel
Fate (Québec) en sortant sa première démo remasterisée
en cassette, avec un pack limité à 30 exemplaires
comprenant patch brodé et badge.
La suite ? La sortie
en CD Digifile du premier EP de Martø, puis les collaborations
se sont enchaînées avec Gummo, avec qui on bosse encore,
et tant d’autres :-)

5. Tu
as sorti combien de prods en tout ? Tu peux nous présenter
les dernières un peu plus en détail ? Pour résumer,
je dirais que le style de ton label serait plutôt situé
entre le death metal et le brutal death, avec un peu de grind et
quelques touches de black… Ça te semble correct ? Tu pourrais
un jour sortir du death’n roll, du heavy ou du hard rock ? Ou tu
penses rester sur le « bourrin » ?
Olala, c’est
toujours galère de donner un chiffre exact sur ce qui est
sorti et ce qui va sortir… mais bon, on devrait être à
CODG035 d’ici février 2026 !
Oui, tu as vu juste sur
les styles musicaux : on fait surtout selon nos goûts, mais
on tient aussi à l’aspect humain avec les groupes. Certains
labels comptent chaque sortie comme un simple numéro de catalogue,
zéro contact avec les groupes. Nous, on bosse main dans la
main avec eux, on reste transparents, et je pense qu’ils apprécient
ça. Si la musique est bonne mais que le courant humain ne
passe pas… tu ne sortiras rien avec nous.
Pour du Death’N
Roll ? Pourquoi pas, tant que ça accroche musicalement et
humainement. Évidemment, si tu joues du death old school,
ça joue clairement en ta faveur.
Pour ma part, j’aime
le Heavy, un peu moins le Hard Rock. J’en achète pour moi,
mais il y a des labels mieux adaptés pour la diffusion et
la promo de ce genre de sons, alors laissons-les gérer ça.
Quoi,
j’ai dit « on » ? Oui, Mr Moky est un vrai partenaire
de la Crypte. Il m’aide énormément et ses conseils
sont toujours bons à prendre. Mais je crois qu’on va reparler
de lui plus tard, alors je n’en dis pas plus pour le moment.

6. Tes
premières prods étaient plutôt ciblées
sur le format CD, et je remarque que depuis un moment tu parts plus
sur le vinyle… Pourquoi ce format ? Peut-être car il y a plus
de demande ? Par nostalgie ? Ou tu as trouvé les bonnes usines
qui rendent le truc pas trop compliqué ?
J’ai l’impression
d’entendre de plus en plus souvent qu’on nous colle l’étiquette
de label “vinyl only”… alors que pas du tout. On sort aussi pas
mal de CD, et d’ailleurs les quatre premières prods de 2026
seront en CD.
Si on sort du vinyl, c’est avant tout parce
qu’on a un public qui aime ce format. Mais une sortie vinyl, ça
se fait toujours avec des pincettes. Je ne t’apprends rien : c’est
cher à produire. D’une usine à l’autre, les tarifs
peuvent varier, mais ça reste un investissement conséquent.
On n’a pas un budget illimité, on fonctionne avec notre fond
de roulement. Si les ventes ne suivent pas, on ne peut tout simplement
pas produire. On a encore la chance d’avoir un public fidèle,
curieux, qui s’intéresse à ce qu’on rentre en stock,
et ça aide énormément.
Cette année,
on a sorti deux vinyls en propre sous le nom de Crypt : HOROH –
Horde Of Horror et VOORHEES – 4.
Ensuite, il y a eu DEATH
WHORE – Blood Washes Everything Away, une collab entre plusieurs
labels, donc un investissement plus léger. Résultat
: sold out en moins d’un mois en version vinyl. Dans le même
esprit, il y a eu le split F.C Powerviolence et la réédition
du premier album de GUMMO – A Fresh Breath On The Neck.
Et
pour finir l’année, le split vinyl 10’’ Demonist / Infamie,
limité à 60 exemplaires. Ce genre d’objet, c’est clairement
destiné aux fans. On ne gagne rien dessus : quand tout est
vendu, on rentre juste dans nos frais.
On a aussi sorti une
cassette pour HOROH – Horde Of Horror et participé à
celle de DEATH WHORE. Là, on est sur un format encore plus
spécifique, avec un public forcément plus restreint.
Que
ce soit en CD, en vinyl ou en cassette, le problème reste
le même : produire en petite quantité coûte très
cher à l’unité. Produire plus, c’est prendre le risque
de se retrouver avec des stocks sur les bras. Même si tu crois
à fond à ce que tu sors, si le public ne suit pas,
c’est un coup dans l’eau. On se fait plaisir, évidemment,
mais le but reste de diffuser la musique, de satisfaire les auditeurs…
et de rentrer dans ses frais. Au final, sur l’année :
8 prods en CD, 2 en cassette, 6 en vinyl. Pour un petit label sans
prétention, je trouve que ça tient plutôt bien
la route.

7. Quand
on y pense, le fait de gérer un petit label ou une distro
a pas mal changé en vingt ans… Début 2000 les gens
payaient beaucoup en liquide ou en chèque dans une enveloppe,
puis apparition de paypal, puis apparition des réseaux sociaux,
puis migration de myspace à facebook, puis obligation d’avoir
un webshop pour beaucoup de labels, puis plus récemment forte
augmentation des prix de la poste et obligation de souvent passer
par mondial relay … Et je dois en oublier… Qu’est-ce que tu regrettes
de la période des années 2000 à ce niveau,
et qu’est-ce qui s’est amélioré à ton avis
?
Je regrette
clairement l’époque où envoyer des colis ne coûtait
pas un rein. À l’époque, la Poste te permettait d’expédier
des paquets à des tarifs abordables, et quand j’y repense
aujourd’hui, ça fout un peu la haine. Maintenant, tu te retrouves
parfois avec autant de frais de port que le prix d’un CD. C’est
clairement le gros point noir par rapport à avant.
L’inconvénient,
à l’époque, c’était de devoir sans cesse refaire
des photocopies avec la distro à jour et de les glisser dans
chaque envoi. Ça m’arrive encore de tenir un listing papier,
surtout pour quelques irréductibles vraiment old-school qui
ne jurent que par ça. Mais là, on chipote.
Malgré
tout, il y a aussi pas mal de positif. Développer une distro
est devenu plus simple : tu trouves plus facilement de nouveaux
contacts, tu peux échanger quelques messages avant de dealer.
Même si, au final, l’issue reste parfois la même qu’avant…
silence radio. À l’époque, tu te demandais si ta lettre
était bien arrivée ; aujourd’hui, tu te demandes juste
si ton mail n’a pas fini dans les spams.
L’autre avantage,
c’est que tu touches clairement plus de monde. Même si on
a toujours un noyau dur d’habitués, il y a régulièrement
de nouveaux noms qui viennent s’ajouter à la liste.
Aujourd’hui,
les gens veulent écouter avant d’acheter. L’achat à
l’aveugle est devenu rare, sauf si la description fait mouche. Un
simple FFO Autopsy, Bolt Thrower ou autre référence
bien placée peut suffire à parler directement à
un cercle de fans et déclencher l’envie.
8. Je
vois que tu fais également des stands de distro pendant les
concerts. Qu’est-ce qui te plaît dans ce « format »
? Peut-être que les CDs partent plus vite, que c’est plus
simple à gérer qu’un webshop ? Peut-être que
tu aimes bien répondre aux questions des gens sur tes CDs
à vendre ? Peut-être que ça fait une bonne excuse
pour picoler planqué derrière ta table ? ahah
Hahaha, tu
me connais mal. OK, j’aime bien me descendre une petite bière
dans ce genre de moments conviviaux, mais tu ne me verras jamais
vautré sur la table pour avoir trop picolé, le terme
est un peu exagéré. Et puis, vu la taille qu’a prise
la distro aujourd’hui, je suis obligé de garder la tête
froide pour pouvoir échanger correctement avec les gens.
Mais remettons les choses dans l’ordre…
Ce qui me plaît
vraiment, c’est le contact direct. Je viens d’une génération
qui a connu l’humain avant les écrans, contrairement aux
Z. Du coup oui, répondre aux questions, discuter, échanger,
ça me va très bien — même si je n’ai pas toujours
réponse à tout, haha. Le top, c’est quand tu tombes
sur des connaisseurs qui savent exactement ce qu’ils cherchent,
mais on s’adapte à tout le monde. J’aime conseiller des groupes,
et je demande toujours un retour après écoute, histoire
de savoir si la mission a été remplie.
C’est
clair que sur ce genre d’événements, les CD et les
vinyles partent plus vite : les gens viennent pour fouiller et repartir
avec du son. Après, dire que c’est plus simple à gérer
qu’un webshop, c’est une autre histoire. Je tiens un suivi des stocks
en temps réel, je fais gaffe à la présentation,
j’affiche les prix et les styles, je classe tout par genres… Bref,
la préparation en amont prend aussi pas mal de temps de mon
côté.
Il y a parfois des références
qui dorment sur le webshop pendant des mois, et puis d’un coup,
en fest, ça s’emballe et ça part sold out. J’aime
bien ce côté imprévisible des ventes, ce moment
où tu ne t’y attends pas et où tout s’aligne.

9.
Question indiscrète : Est-ce que tu t’es déjà
coincé les poils de la barbe dans le scotch marron en préparant
un carton ? ahah Moi parfois j’y laisse des cheveux (un peu…)
Mais non !
Ma barbe n’est pas assez longue pour coincer les poils dedans. Je
ne sais pas comment tu fais mais ça doit pas être joli
à voir :-)
10.
Crypt of dr gore est-il plus un projet solo, ou un travail d’équipe
? Je sais qu’un certain Moky et Mr. Charon contribuent aussi à
certaines de tes activités comme l’artwork ou le fanzine,
mais sont-ils plus des membres à temps plein ou des intérimaires
que tu aimes fouetter s’ils ne bossent pas assez vite (ahah… Remets
un peu de gouache rouge ici Moky !!) Dans Crypt of Dr Gore, tu te
sens plus comme un créatif, un manager/ chef d’équipe,
un journaliste… ou un peu de tout ?
À la
base, Crypt Of Dr. Gore, c’est un projet solo, tu le sais. Mais
avec le temps, les activités ont tellement pris d’ampleur
qu’il a fallu agrandir la crypte. Pas toujours simple, parce que
le plus important, ce n’est pas le CV, mais l’état d’esprit
: cool, posé, sans prise de tête.
Moky a débarqué
dès le numéro 3. Au départ, c’était
pour le dessin, puis très vite pour poser des mots et des
articles. En parallèle, on a commencé à filer
des coups de main à des groupes pour sortir leurs prods.
Rien de prémédité, juste les choses qui se
font naturellement. Petit à petit, on a trouvé notre
rythme. Pas de pression, pas de plan marketing, du DIY pur jus,
à l’ancienne, et étonnamment… ça tourne.
Charon
a rejoint l’aventure pour le fanzine papier. Ultra investi, ultra
passionné. On a aussi balancé quelques épisodes
de podcast sur YouTube histoire d’ajouter une couche promo à
la Crypte. Clairement, sa présence fait la diff.
Ici,
pas de patron, pas de hiérarchie foireuse. Chacun avance
quand il peut, quand il veut — moi compris. On est tous bénévoles,
on fait ça par passion, point. Je coordonne un peu le bordel,
mais les termes « chef d’équipe » ou «
journaliste », très peu pour moi. On est juste une
bande de passionnés qui se bougent le cul pour filer un coup
de projecteur à nos pépites underground.

11. Donc
Dr gore est aussi un fanzine papier. Tu peux nous en dire un peu
plus ? Tu as sorti combien de fanzines jusque ici ? Ils sont tirés
à combien d’exemplaires ? Pour la distribution tu les envoies
surtout en France, ou aussi à l’étranger ?
Aujourd’hui,
on en est au numéro 16, et le 17 est en cours. Au début,
je pressais sans trop réfléchir : tant qu’il y avait
de la demande, j’envoyais. Le numéro 2 a d’ailleurs dépassé
les 400 copies, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
Depuis quelques numéros, j’ai calmé le jeu et je me
limite à un tirage unique de 200 exemplaires, ce qui est
déjà très correct pour un fanzine en 2025.
Ça évite aussi de se retrouver avec des cartons d’anciens
numéros qui dorment. Niveau distrib, ça part surtout
en France, mais aussi pas mal au Québec, où le public
reste encore bien accro au papier.
Pour la suite, c’est plus
flou. Les frais de port explosent et maintenir un prix bas devient
un vrai casse-tête. Le zine est à 2 €, avec presque
3 € de port rien que pour la France. Et ça ne fait qu’augmenter
d’année en année. Quand l’envoi coûte plus cher
que le fanzine lui-même, forcément, ça refroidit
du monde.
On m’a souvent suggéré de mettre
en place un abonnement, mais j’ai toujours dit non. Ça voudrait
dire se forcer à sortir un numéro à date fixe,
quitte à le bâcler pour respecter un délai,
et ça, c’est hors de question. D’ailleurs, à l’heure
où j’écris ces lignes, j’ai déjà du
mal à avancer sur le prochain numéro, coincé
entre le taf du label et celui de la distro.

12.
Crypt of Dr gore est-il un zine ou un label politisé ? Perso
je me suis toujours considéré comme modéré
et « apolitique », ou peu politisé à ce
niveau… (Hormis pour une forme « d’intégrisme pro underground
» dans mes périodes les plus « énervé
», mais il ne s’agissait pas de politique…) Mais depuis quelques
années je trouve que les tensions montent un peu partout,
et que parfois ça devient difficile de rester modéré...
Alors, tu fais comment pour ne pas plonger la tête dans ce
merdier et arriver à rester concentré sur la musique
? Certains disent que tout est politique, même la musique…
D’un côté je suis d’accord car il y a bien des textes
et un message, de l’autre quand tu lis les paroles de groupes de
goregrind par exemple, on ne peut pas en retirer grand-chose à
part du délire gore… Donc ça pourrait vouloir dire
quoi au niveau politique?
Le but de Crypt
Of Dr. Gore est clair : défendre et promouvoir le metal extrême
underground, point barre. Sans étiquette, et surtout sans
récupération politique. Quand tu vois l’état
de la politique actuelle, franchement, il n’y a rien à sauver
: tous les camps se tirent la bourre dans la médiocrité.
Tu ne me verras jamais faire un scandale parce qu’un politicien
a dit une énième connerie, j’en ai strictement rien
à foutre.
Comme le disait très bien Coluche
: « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que
ça serait interdit. »
Pour moi, la politique
n’apporte rien de bon. Le mieux reste encore de zapper les infos
: pendant que les gens s’insultent sur Facebook, moi je continue
de scroller. J’ai autre chose à foutre que de me prendre
la tête avec des débats stériles.
Dans
le metal, je préfère mille fois lire des textes inspirés
par les films d’horreur, le gore, le sang, les ténèbres
ou l’occultisme — tant que ça reste de la fiction. La musique
est une échappatoire au quotidien. Y coller des discours
moralisateurs ou anxiogènes, c’est le meilleur moyen de transformer
cette échappatoire en dépression assurée.

13.
J’ai entendu dire que des choses pas très catholiques (voir
même assez sanglantes) étaient entreposées au
fond de ta cave… Alors, est-ce qu’on peut dire que Dr Gore a toujours
rêvé d’être boucher/ charcutier et qu’il exerce
cette passion inassouvie au fond de sa cave, sur des voisins pas
très sympas ? Ahah… A quand le kebab de Dr Gore, sauce rouge
avec des vrais morceaux de voisins ? Ou il faut que j’arrête
de dire des conneries ?
Hé hé,
jolie image… T’as pas entendu dire que les voisins disparaissaient
parfois ? On pourrait aussi faire disparaître les livreurs,
vu que certains savent déjà faire disparaître
des trucs.
Pour rester dans le mood, je préfère
bosser la cuisson plutôt que la viande froide. Alors pourquoi
pas un petit ragoût de voisin bien relevé au piment
? Et s’il faut passer à l’étape supérieure,
il y a toujours moyen de sortir la tronçonneuse façon
Leatherface.
Évidemment, je précise pour les
esprits sensibles : c’est une vanne.
En vrai, tout va bien.
Mes voisins ne sont pas chiants, et ils écoutent du metal.
Pas forcément de leur plein gré… mais ils en écoutent
quand même :-)
Quelques
questions courtes avant la fin :
14a . Qu’est-ce
que tu as écouté en répondant à cette
interview ?
Malédiction
‘’Condamnés’’ et du Tenebro.
Deux salles, deux ambiances.
Bon, j’ai fait l’interview sur plusieurs jours, donc je t’ai mis
que les deux derniers groupes.
14b.
Qu’est-ce que tu as bu (ou mangé) en répondant à
cette interview ?
Vu le délai,
j’ai bu de l’eau, ou parfois de la bière (uniquement le weekend).
Et là pour la fin, je mange des oranges… c’est pas très
evil mais on s’en fout.

14c.
Quels groupes ou albums as-tu écouté ces dernières
semaines ?
Voorhees, Demonist,
Infamie, Death Whore, Savage Annihilation, Cruel Fate, Badass Commander,
Slave One. Oui j’ai pas mal écouté nos dernières
prods, et les futures… autant connaître son sujet pour en
parler.
15.
C’est la dernière question, je te laisse présenter
tes futurs projets, et conclure comme il faut, avec du boyau et
du jus de goret :-)
On va donc
sortir début 2026 :
Badass Commander ‘’Intense Combat
Experiment'' Death old school avec des anciens membres de Mesrine
(Québec)
Cruel Fate
/ Savage Annihilation, split CD. Des nouveaux morceaux de chaque
groupe pour une expérience encore plus profonde. Du death
old school Québécois, et du brutal death Français,
le tout chanté dans la langue de Molière. Tenez-vous
prêt, ça va secouer un max !
Le nouvel album
de Slave One. Death brutal et technique français du Gatinaicticut.
Les disciples de l’omega arrivent au bout de leurs peines et donnent
enfin vie à cette galette tant attendue.
Ce n’est pas
fini, mais pour ça il faudra se tenir informé sur
nos réseaux ou sur le site: http://www.cryptofdrgore.fr
Merci encore
de t’être intéressé aux activités de
la crypte. Merci à tes lecteurs d’être arrivés
jusque-là. Bonne continuation à toi et Nihilistic
Holocaust !


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